Puisque mai tout en fleur dans les prés nous réclame.

viens! ne te lasse pas de mêler à ton âme

La campagne, les bois, les ombrages charmants,

les larges clairs de lune au bord des flots dormants,

le sentier qui finit où le chemin commence,

Et l' air et le printemps et l' horizon immense,

L' horizon que ce monde attache humble et joyeux

Comme une lèvre au bas de la robe des cieux !

Viens ! et que le regard des pudiques étoiles,

Qui tombe sur la terre à travers tant de voiles,

Que l' arbre pénétré de parfums et de chants,

Que le souffle embrasé de midi dans les champs,

Et l'ombre et le soleil, et l' onde et la verdure,

Et le rayonnement de toute la nature

Fassent épanouir, comme une double fleur,

La beauté sur ton front et l' amour dans ton coeur !

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Mai 1835  Victor Hugo